JEAN DUFFOUR

Avocat au Barreau de Paris

JEAN DUFFOUR

Avocat au Barreau de Paris

Négocier un départ, ce n’est pas une partie de poker. Voici une méthode simple avec une to-do list, pour obtenir une sortie dans les meilleurs conditions (date de départ, indemnité, clauses, références) sans commettre les erreurs habituelles.


1) Peut-on négocier un départ sans avocat ?

Oui, c’est possible. Mais en pratique, je vois surtout deux risques : mal apprécier les conséquences de l’accord (clauses bloquantes ou dangereuses) et laisser passer des aspects financiers (variables, bonus, non-concurrence, calendrier de paiement, indemnités chômage). Si l’enjeu est significatif (variable, réputation, contexte tendu), un accompagnement permet de sécuriser et d’optimiser l’accord, tout en vous évitant de vous exposer.

2) Faut-il demander explicitement une rupture conventionnelle ?

Lire mon article dédié sur le sujet.

3) Quel montant demander pour une rupture conventionnelle ?

Il n’y a pas d’indemnité standard. Il faut raisonner en intégrant indemnité légale + date de départ + variable/bonus + clauses (références, confidentialité, non-dénigrement). Le montant dépend notamment de l’ancienneté, du poste, de la situation (tension, risques, performance, manquements de l’employeur) et des éléments contractuels.
Mon conseil : fixez 2 priorités maximum (sortie rapide ? Indemnité supérieure au minimum légale ? Levée d’une clause de non-concurrence ?).

4) Est-ce que la prise de références peut être encadrée ?

Oui, mais il faut rester réaliste. Interdire toute référence est souvent contre-productif. En revanche, on peut cadrer : interlocuteur unique qui répondra, réponse neutre, et parfois une attestation/mention de neutralité selon les cas. C’est un sujet sensible : il faut un cadre clair, écrit, plutôt qu’une clause floue risquée.

5) To-do list

  •  J’ai défini 2 priorités maximum (indemnisation / rapidité / réputation / clauses)
  •  J’ai identifié mes lignes rouges
  •  J’ai une chronologie prête (10 lignes)
  •  J’ai les documents clés (contrat, avenants, variables, évaluations)
  •  J’ai vérifié non-concurrence / variable / bonus
  •  Je sais qui décidera côté employeur (RH ? manager ? direction ?)
  •  Je prépare un message court et neutre pour ouvrir la discussion
  •  J’évite les accusations dans les premiers échanges
  •  Je garde une trace écrite des points actés (que du factuel)
  •  Je ne transmets pas de documents sensibles
  •  Je prévois une marge pour un plan B si la discussion bloque (calendrier / stratégie)

6) Faut-il signer le solde de tout compte ?

La signature ne veut pas dire que tout est réglé, mais elle peut réduire votre marge de manoeuvre selon les situations. En pratique, il faut vérifier : indemnités, congés, variable/bonus, remboursement de frais, documents de fin de contrat. A la moindre incertitude, privilégier la prudence : on accuse réception avec réserve, on vérifie, et on agit si besoin.

7) Faut-il se faire accompagner pour négocier ?

L’accompagnement peut tout changer. Négocier seul, c’est possible. Mais je vois régulièrement des accords présentés comme attrayants qui se révèlent décevants, pour trois raisons :

  • Le chiffre n’est pas le sujet principal : les primes de variables et bonus, l’éventuelle clause de non-concurrence, la date de sortie des effectifs, le calendrier de paiement, la prise de références, les cotisations applicables, l’imposition.
  • Un mail peut vous fragiliser : ton, timing, formulation, concessions involontaires.
  • Les clauses mal rédigées créent du risque : elles compliquent la signature, ou elles ne protègent pas vraiment.

Mon rôle, c’est de vous aider à obtenir une sortie plus claire, sécurisée, et souvent plus avantageuse, sans vous exposer même si le contexte est tendu.

Quand se faire accompagner ?

  • Vous avez des enjeux multiples avec variable/bonus, clauses spécifiques, ou enjeu de réputation.
  • La relation est tendue.
  • Vous visez un package (indemnité supérieure au minimum légale + maîtrise du calendrier + clauses favorables).
  • Votre employeur traîne, change de discours, ou cherche à vous faire commettre un faux pas.

Je recommande de me solliciter avant d’envoyer un mail à votre employeur ou de formuler une proposition chiffrée. Le meilleur moment, c’est quand vous avez : (1) un objectif clair, (2) quelques documents clés, (3) un échange possible avec RH/direction, fixé ou non. C’est là que je peux le plus vous aider : stratégie, ton à adopter, préparation des arguments et de la posture, calendrier de négociation, étayer le dossier avec des éléments supplémentaires, puis rédaction/sécurisation de l’accord.

Prendre rendez-vous pour obtenir un avis et des conseils stratégiques.

Mes accompagnements.